La cérémonie officielle d’ouverture de la 18e édition du Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA), organisée sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts et le patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, s’est déroulée, jeudi 1 octobre au niveau de l’Esplanade de Riadh El Feth. Se poursuivant jusqu’au 5 octobre, le festival est dédié cette année au roman graphique et placé sous le thème « Le roman graphique : carrefour de l’image et du verbe ».
Ouvrir des perspectives aux créateurs algériens
Dans son allocution de bienvenue, le commissaire du FIBDA, Salim Brahimi, a souhaité la bienvenue aux invités ainsi qu’aux différentes délégations participantes, venues cette année de 12 pays, en plus de l’Algérie. Il a également remercié les partenaires institutionnels et privés ainsi que les sponsors ayant contribué à la tenue de cette nouvelle édition. M. Brahimi a, à cette occasion, exprimé « ses remerciements et sa gratitude » à la ministre de la Culture et des Arts pour « son soutien continu et illimité au 9e art en Algérie, ainsi que pour son souci constant d’accompagner les créateurs algériens afin de promouvoir notre chère culture et, en particulier, la culture de la bande dessinée ». Le commissaire du festival a également mis en avant le choix du roman graphique comme thème central de cette édition, le présentant comme un « pont créatif entre le roman traditionnel et la narration illustrée, un espace où le mot rencontre l’image et où le récit interagit avec les arts plastiques ». Il a aussi rappelé que cette édition « a vu le lancement de nombreuses rencontres, initiatives et expériences dans cette direction, convaincus que nous sommes de l’importance de développer cet art et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux créateurs algériens ». En outre, M. Brahimi a rendu hommage, dans son allocution au regretté Mahfoud Aider, disparu récemment, et une minute de silence a été observée à sa mémoire. Par ailleurs, l’intervenant a salué « tous les artistes et créateurs algériens qui poursuivent avec passion et détermination le travail pour faire vibrer le 9e art et lui donner la place qu’il mérite sur la scène culturelle nationale ». S’adressant aux professionnels et aux passionnés du neuvième art, il a ajouté : « À chaque dessinateur, auteur, créateur et passionné de bandes dessinées, merci à vous ».
Hommage à un pionnier et à une grande plume
Deux figures du neuvième art et de la culture algérienne ont également été honorées lors de cette cérémonie. La ministre de la Culture et des Arts a honoré le poète, écrivain et journaliste Lazhari Labter, considéré comme l’un des grands spécialistes de la bande dessinée en Algérie, à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages, un dictionnaire et plusieurs monographies.
Un hommage a également été rendu au regretté Tayeb Arab (1947-2025), l’un des pionniers de la caricature et de la bande dessinée en Algérie. Dessinateur de presse, notamment au quotidien « La République » jusqu’en 1978, Tayeb Arab était également artiste peintre. Sa sœur Fatiha a reçu l’hommage au nom de la famille, tandis que son épouse, absente de la cérémonie, a adressé un message vidéo diffusé à cette occasion. Dans cette intervention, Mme Arab a rendu hommage à son défunt époux, évoquant son parcours, sa passion pour le dessin et son attachement à l’Algérie. Elle a notamment rappelé qu’en 2007, dans le cadre de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe », une rétrospective de son œuvre avait été organisée au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria d’Alger, et un catalogue de 200 pages avait été édité par le ministère de la Culture. L’épouse du défunt dessinateur a appelé à la réédition et à une large diffusion de cet ouvrage « pour que son œuvre soit accessible à tous ». Elle a également annoncé qu’elle-même et les sœurs de Tayeb Arab, Cherifa et Fatiha, « nous avons décidé que l’ensemble de son œuvre, documents, photos, soit conservé et préservé au Musée Ahmed-Zabana d’Oran, sa ville natale ». « Son œuvre fait partie de votre patrimoine et vous appartient. C'était le souhait de Tayeb », a-t-elle soutenu.
Les lauréats des concours récompensés
La dernière partie de cette cérémonie a été marquée par l’annonce des lauréats des différents concours organisés dans le cadre de cette 18e édition du FIBDA. Présidé par l’Égyptien Mohamed El Seht, le jury était composé de Zoubeida Mameria, Ahmed Haroun et Samir Toudji, avec la participation, à titre honorifique, de Mahfoud Aider, qui avait entamé les travaux avec le jury avant que la mort ne l’emporte.
Dans le concours international, le premier prix a été décerné à Emilien Cousin (France) pour son album « Abyss ». Le deuxième prix est revenu à Mezensi Nipanko (Cameroun) pour « Mirage », tandis que le troisième prix a été attribué à Ahmed Touj (Tunisie) pour son album « Rose Blanche ». Le concours du Meilleur Projet, destiné aux artistes âgés de plus de 16 ans, a également distingué trois participants. Le premier prix a été remporté par Slimane Ouchen de Blida, pour « Lalla Fatma Nsoumer ». Le deuxième prix est revenu à Mekali S. Imène d’Oran, pour « Ultma », tandis que Bouniche Melissa d’Alger, a décroché le troisième prix pour « Beyond Tide ». Chez les enfants, deux prix ont été attribués, le troisième n’ayant pas été décerné. Le premier prix est revenu à Saci Anya d’Alger, pour « Judocat », tandis que le deuxième prix a été attribué à Ryad Boutmeur, également d’Alger, pour « Les Clothemen ».